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UNE EXPOSITION
Extension du domaine de la Marionnette

 


Il s’agit de faire découvrir à un public non-spécialiste les pratiques de la marionnette contemporaine française. L’idée est de concevoir une exposition-spectacle itinérante qui présente un panorama (non-exhaustif, mais représentatif) des propositions scéniques de compagnies et artistes oeuvrant actuellement dans ce domaine

Dans un espace d’accueil raisonnable (200 m2) , le visiteur entrera en contact avec une succession de dispositifs, conçus en réduction dans de « microscènes » : autant de matrices construites pour contenir, modéliser et représenter une certaine théâtralité (associant une esthétique, une scénographie, une dramaturgie et un rapport au spectateur). L’ensemble de ses sens sera sollicité. La marionnette met en jeu les perceptions et rend le regard sensuel.

L’exposition elle-même se présentera comme un « objet marionnettique » : dispositif autonome, il sera possible de l’installer « n’importe où ». Ce projet présente des difficultés majeures que l’on va chercher à contourner

Celle qui consiste à vouloir exposer les arts vivants, sorte de paradoxe fatal puisque les objets spectaculaires se trouvent confrontés à l’immobilisme et à la disparition de ce qui les caractérise normalement : le vivant.

Dans le cas de la marionnette, cette absence est d’autant plus grave que son jeu se base essentiellement sur la tension qui s’établit, d’une manière ou d’une autre, entre l’inanimé et le vivant.
Ne pas faire un inventaire d’objets présentés pour leur valeur plastique et esthétique.
Rendre compte d’une pratique plurielle et complexe, qui échappe - et a peut-être intérêt d’échapper
- aux typologies.
On constate en effet que la marionnette contemporaine dépasse la typologie traditionnelle à fils, à tringle, à gaine, marottes, masques, théâtre d’ombres.

De nouvelles orientations sont nées dans les années 60, avec le développement des Maisons de la Culture et les nouveaux moyens donnés pour les spectacles jeune public. C’est tout d’abord le castelet éclaté : des dispositifs qui se substituent aux castelets traditionnels, investissant désormais un espace agrandi, pour une jauge plus importante.

C’est aussi la manipulation à vue : la possibilité, de fait, pour le marionnettiste, d’assumer un nouveau rôle dans la représentation, avec l’enrichissement dramatique que cela implique quant à la distribution des rôles, justement, ou encore aux partis pris épiques coupant avec le théâtre classique.

C’est enfin le théâtre noir : un dispositif illusionniste permis par les progrès réalisés en matière d’éclairage scénique, consistant en couloirs lumineux où apparaissent les marionnettes, tandis que le manipulateur se tient en retrait dans l’ombre;

Mais aujourd’hui ces orientations ont fusionné, associant même ce qu’on appelle couramment les « nouvelles technologies » et il devient quasi impossible de classifier ces pratiques. Au sein d’une même compagnie, les techniques employées peuvent changer d’un spectacle à un autre, puisque l’enjeu principal revendiqué est d’adapter la technique au discours et à la dramaturgie. Pour distinguer néanmoins les dispositifs mis en place, un élément fondamental nous semble devoir servir de référence : la place du spectateur, toujours différente, extrêmement dynamique et signifiante, définie pour chaque nouveau spectacle.

2007-2010 SAISONS DE LA MARIONNETTE